
Blockchain : un levier d’attractivité majeur pour la France
L’entrée en vigueur du règlement européen MiCA au 1er janvier 2025 marque l’ère régulée de la technologie blockchain. Cette transformation est perçue comme une chance historique pour la finance française, à condition que les acteurs, y compris la finance traditionnelle, s’en emparent rapidement avant les nouveaux « pure players ».
Les atouts de la France
La France dispose de multiples avantages pour s’imposer sur cet échiquier :
- Une industrie financière particulièrement solide.
- Des entrepreneurs bénéficiant de l’excellence de la formation scientifique française.
- Un rôle pionnier dans la régulation, la loi Pacte ayant largement inspiré le règlement européen MiCA.
La blockchain est aujourd’hui un élément majeur de l’attractivité de notre pays.
Les domaines de transformation
La blockchain génère une prolifération d’initiatives qui touchent l’ensemble des domaines financiers :
- Les Paiements (stablecoins) :
- Dès 2024, le volume des transactions en stablecoins (crypto-actifs stables) a dépassé celui de géants comme Visa et Mastercard.
- Ils réduisent les coûts et les délais de transaction, se développant massivement, notamment pour les transactions transfrontières.
2. Les Marchés (tokénisation) :
- La tokénisation des actifs s’élargit aux actions (cotées ou non), aux obligations et aux actifs réels, comme l’immobilier.
- Encadrée par le Régime Pilote européen, elle permet d’offrir une liquidité des titres financiers tokénisés et une diversification de l’épargne.
Le rôle crucial des acteurs traditionnels
Le cadre de régulation (MiCA et Régime Pilote), bien que favorable à l’innovation, n’est en rien construit contre les acteurs existants (banques, entreprises d’investissement).
Au contraire, des procédures allégées sont prévues pour ces institutions. Le législateur a considéré qu’elles pouvaient être dispensées du volet prudentiel des dossiers d’agrément, car elles sont déjà fortement régulées (notamment par la réglementation MIF2).
Les institutions financières ont tout intérêt à demander l’agrément MiCA via ce parcours simplifié. Elles doivent élargir leur offre aux crypto-actifs et à la tokénisation pour développer ces services innovants et répondre à la demande croissante de leurs clients.
Conclusion : une convergence fructueuse
La transformation de la finance est inéluctable et avance à un rythme impressionnant. Les acteurs de la blockchain demandent déjà des agréments bancaires, tandis que les acteurs existants doivent s’ouvrir à cet univers. Cette convergence sera fructueuse pour les clients, les épargnants et le système financier dans son ensemble, à condition que chacun tire le meilleur parti des opportunités offertes par un univers de régulation désormais sécurisé.
Retrouvez l’article de Anne Maréchal dans Les Echos :
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